Greenpeace a livré au Sénat 331
bouteilles d'eau radioactives destinées à chaque sénateur, qui étudieront à
partir de 16h le projet de loi sur la gestion des déchets radioactifs. Par
cette action symbolique, Greenpeace entend attirer l'attention des
Parlementaires sur la situation préoccupante des déchets nucléaires en
France, et dénoncer par la même occasion le projet de loi qu'elle estime
dangereux pour l'environnement et les générations futures.
Cette action fait suite à une campagne de prélèvements réalisée la semaine
dernière autour du Centre de Stockage de la Manche (50) qui gère des déchets
faiblement et moyennement radioactifs et qui a fortement pollué
l'environnement et notamment les eaux et nappes phréatiques alentours. L'eau
contenue dans les bouteilles livrées a été directement pompée dans un
piézomètre proche du site et contient un niveau de pollution en tritium 180
fois supérieur au seuil d'alerte fixé par l'Europe.
"Cette eau radioactive prélevée directement dans l'environnement du centre
de stockage de la Manche est la preuve que l'industrie ne sait pas gérer
proprement ses déchets, explique Frédéric Marillier chargé de campagne
nucléaire pour Greenpeace France. Ce centre fuit alors qu'il devrait être
étanche, et irréversible alors qu'il est en surface, et il abrite des
déchets étrangers alors que c'est interdit. Comment croire une telle
industrie qui nous jure maintenant que pour les déchets les plus dangereux
l'enfouissement sera une solution sûre et pérenne ?"
Le CSM ayant fermé en 1994, un nouveau centre de stockage situé à Soulaines
dans l'Aube en Champagne, a pris le relais. Ce centre connaît déjà une
contamination de la nappe phréatique (2). Dans un avis d'incident daté du 24
mai, la DGSNR reconnaît d'ailleurs le défaut de conception des alvéoles de
stockage mettant en cause leur étanchéité (3). Il semble donc que tout comme
le CSM, le CSA va se vider de son tritium. Or il est prévu qu'il en
accueille trois fois plus !
Après la Manche, c'est donc la Champagne qui est sous la menace d'une
importante pollution radioactive. De plus, le projet de loi prévoit
d'enfouir sous terre à 500 mètres de profondeur, les déchets radioactifs
hautement radioactifs et à vie longue à Bure à la limite de la Lorraine et
de la Champagne, où se trouve déjà un "laboratoire" de recherche.
"Après avoir condamné la Manche, la France et les sénateurs sont-ils prêts à
condamner une nouvelle région ? Après l'eau de la Manche, c'est le Champagne
qui est menacé de contamination !" déclare Frédéric Marillier. "Avec cette
nouvelle loi, on tente de nous faire croire qu'il y a enfin une solution aux
déchets nucléaires. Mais personne n'est dupe ! L'exemple de la pollution
dans la Manche montre la gravité de la situation et l'incapacité de
l'industrie à gérer ses déchets."