La planète bleue en péril

Publié le par marie

Le constat est partout le même : en un demi-siècle, le développement des activités humaines a provoqué une crise écologique sans précédent dans l’histoire de la planète. La pollution des océans Surexploitation des ressources La pollution industrielle et automobile est l’une des premières causes du réchauffement climatique. La manifestation la plus visible de la crise est celle du réchauffement climatique lié aux concentrations trop élevées de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, qui réduit la couche d’ozone protégeant notre planète des rayons ultraviolets du Soleil. Le troisième rapport du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) montre que la température moyenne sur Terre pourrait augmenter de 1,4 °C à 5,8 °C d’ici à la fin du XXIe siècle, avec des conséquences qui se révéleraient dramatiques pour des millions de personnes. Les experts dressent une longue liste des effets de ce réchauffement planétaire. À commencer par l’instabilité climatique, responsable de la plus grande fréquence des catastrophes naturelles majeures (tornades, tempêtes et cyclones) et de la modification des courants marins, régulateurs de température, et ayant une incidence importante sur le climat de plusieurs régions du monde. Suivent les inondations. La chaleur accentue le cycle de l’eau, entraînant une évaporation accrue et donc des précipitations plus importantes. Les fleuves grossissent et débordent, les océans se déchaînent, menaçant les personnes qui habitent à proximité des côtes marines ou des cours d’eau, c’est-à-dire 80 % de la population mondiale. Sans oublier la sécheresse et la désertification. L’augmentation de la température fera disparaître l’eau des zones les plus arides, les déserts vont s’étendre et certaines mers s’évaporer, comme la mer Morte ou la mer d’Aral. La fonte des glaciers et la dilatation thermique des eaux profondes sous l’effet de la chaleur provoqueront une montée du niveau des mers. Et la liste n’est pas exhaustive. Un tableau vraiment alarmant. Une gigantesque opération de pêche est organisée pour capturer le thon (hélicoptère, bombes sous-marines, vibrations artificielles, etc.). Lorsque le filet est remonté, ce sont plusieurs tonnes de poissons qui sont déchargées. La pollution des océans Contrairement aux idées reçues, les eaux usées rejetées par l’agriculture intensive et l’industrie dans les fleuves, les lacs et les rivières polluent deux fois plus les océans que le transport maritime. Pourtant, les dégazages en mer déversent chaque année de 1 200 000 à 1 500 000 tonnes de produits chimiques. Il ne s’agit pas seulement d’hydrocarbures, mais aussi d’une large gamme de détergents, d’huiles diverses qui polluent dans une quasi-impunité au-delà des zones économiques exclusives (200 milles nautiques) puisque l’on peut procéder à des rejets dans les mers ouvertes à condition de ne pas dépasser certaines normes. Par ailleurs, les rivières, les fleuves et les estuaires charrient vers le milieu marin quantité de substances particulièrement nocives, comme le mercure et le plomb. L’utilisation massive des engrais agricoles, des pesticides et des nitrates dans l’agriculture intensive augmente les rejets d’eaux riches en phosphates et en ammonium, provoquant une prolifération d’algues (les marées vertes) qui asphyxient le milieu marin. Surexploitation des ressources Ces phénomènes menacent directement l’avenir du biotope marin car ils engendrent une eutrophisation [1] des estuaires, véritables pouponnières pour 80 % des espèces. Autre danger : la surpêche. Les stocks de poissons sont exploités au-delà de leurs limites biologiques. Dans certaines eaux européennes, 40 à 60 % des réserves des principales espèces commerciales sont utilisées dans des conditions mettant en péril leur renouvellement. Enfin, l’augmentation de la pression démographique, avec 8 milliards d’êtres humains prévus en 2020, ne peut qu’exacerber les problèmes posés par les rejets polluants, qu’il s’agisse de ceux émanant de l’agriculture, des industries, des transports ou de ceux provenant des particuliers. Des solutions existent pourtant dans tous ces domaines. C’est avant tout une question de volonté politique. Or celle-ci dépend dans une large mesure de la prise de conscience des citoyens. On comprend d’autant mieux l’enjeu capital que représente le défi de changer les mentalités, pour que chacun s’engage à repenser son rapport à l’environnement. Myriam Goldminc journaliste LES EXPERTS TIRENT LA SONNETTE D’ALARME « La dégradation de nos écosystèmes est si avancée qu’elle remet en cause l’avenir de l’humanité. » Cette déclaration est issue du rapport qu’un millier de scientifiques originaires de 95 pays ont établi sous l’égide de l’Organisation des Nations unies. Première constatation : pour répondre aux besoins des populations en nourriture, en eau, en bois, en fibres et en combustibles, l’homme a modifié, en à peine plus de cinquante ans, l’équilibre des grands écosystèmes par une surexploitation des ressources. Or les éléments que recèlent les forêts, les savanes, les océans et leur fonction régulatrice sont indispensables à notre survie :ils purifient l’air, fournissent l’eau douce, les stocks de pêche, les médicaments, stabilisent le climat et limitent l’érosion des sols et l’impact des catastrophes naturelles. Second constat : le temps presse. Nous avons à peine une quarantaine d’années devant nous pour renverser la tendance. Les experts estiment que 60 % des écosystèmes sont fortement menacés, et la tendance devrait s’accentuer avec l’impact du réchauffement planétaire. « Si nous ne changeons pas notre façon de faire dans le sens d’un développement durable en intégrant le prix à payer pour les services rendus par la nature, nous léguerons à nos descendants un monde invivable », affirment les scientifiques, qui ont établi une liste de priorités, comme sauvegarder les réserves d’eau douce, les stocks étant déjà inférieurs à nos besoins. Le rapport souligne la nécessité de supprimer les subventions agricoles qui favorisent les inégalités entre pays riches et pays pauvres. Comme le déclare le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan : « C’est seulement en comptant à leur juste valeur l’ensemble de nos précieuses ressources naturelles et humaines que nous pouvons espérer bâtir un futur durable. » [1] Qui se traduit par un appauvrissement en oxygène des eaux profondes.

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