Lundi 20 mars 2006
Le constat est partout le même : en un demi-siècle, le développement des activités humaines a provoqué une crise écologique sans précédent dans lhistoire de la planète.
La pollution des océans
Surexploitation des ressources
La pollution industrielle et automobile est lune des premières causes
du réchauffement climatique.
La manifestation la plus visible de la crise est celle du réchauffement climatique lié aux concentrations trop élevées de gaz à effet de serre dans latmosphère, qui réduit la couche dozone protégeant notre planète des rayons ultraviolets du Soleil. Le troisième rapport du groupe dexperts intergouvernemental sur lévolution du climat (Giec) montre que la température moyenne sur Terre pourrait augmenter de 1,4 °C à 5,8 °C dici à la fin du XXIe siècle, avec des conséquences qui se révéleraient dramatiques pour des millions de personnes. Les experts dressent une longue liste des effets de ce réchauffement planétaire. À commencer par linstabilité climatique, responsable de la plus grande fréquence des catastrophes naturelles majeures (tornades, tempêtes et cyclones) et de la modification des courants marins, régulateurs de température, et ayant une incidence importante sur le climat de plusieurs régions du monde. Suivent les inondations. La chaleur accentue le cycle de leau, entraînant une évaporation accrue et donc des précipitations plus importantes. Les fleuves grossissent et débordent, les océans se déchaînent, menaçant les personnes qui habitent à proximité des côtes marines ou des cours deau, cest-à-dire 80 % de la population mondiale. Sans oublier la sécheresse et la désertification. Laugmentation de la température fera disparaître leau des zones les plus arides, les déserts vont sétendre et certaines mers sévaporer, comme la mer Morte ou la mer dAral. La fonte des glaciers et la dilatation thermique des eaux profondes sous leffet de la chaleur provoqueront une montée du niveau des mers. Et la liste nest pas exhaustive. Un tableau vraiment alarmant.
Une gigantesque opération
de pêche est organisée pour
capturer le thon (hélicoptère,
bombes sous-marines,
vibrations artificielles, etc.).
Lorsque le filet est remonté,
ce sont plusieurs tonnes
de poissons qui sont déchargées.
La pollution des océans
Contrairement aux idées reçues, les eaux usées rejetées par lagriculture intensive et lindustrie dans les fleuves, les lacs et les rivières polluent deux fois plus les océans que le transport maritime. Pourtant, les dégazages en mer déversent chaque année de 1 200 000 à 1 500 000 tonnes de produits chimiques. Il ne sagit pas seulement dhydrocarbures, mais aussi dune large gamme de détergents, dhuiles diverses qui polluent dans une quasi-impunité au-delà des zones économiques exclusives (200 milles nautiques) puisque lon peut procéder à des rejets dans les mers ouvertes à condition de ne pas dépasser certaines normes. Par ailleurs, les rivières, les fleuves et les estuaires charrient vers le milieu marin quantité de substances particulièrement nocives, comme le mercure et le plomb. Lutilisation massive des engrais agricoles, des pesticides et des nitrates dans lagriculture intensive augmente les rejets deaux riches en phosphates et en ammonium, provoquant une prolifération dalgues (les marées vertes) qui asphyxient le milieu marin.
Surexploitation des ressources
Ces phénomènes menacent directement lavenir du biotope marin car ils engendrent une eutrophisation [1] des estuaires, véritables pouponnières pour 80 % des espèces. Autre danger : la surpêche. Les stocks de poissons sont exploités au-delà de leurs limites biologiques. Dans certaines eaux européennes, 40 à 60 % des réserves des principales espèces commerciales sont utilisées dans des conditions mettant en péril leur renouvellement. Enfin, laugmentation de la pression démographique, avec 8 milliards dêtres humains prévus en 2020, ne peut quexacerber les problèmes posés par les rejets polluants, quil sagisse de ceux émanant de lagriculture, des industries, des transports ou de ceux provenant des particuliers. Des solutions existent pourtant dans tous ces domaines. Cest avant tout une question de volonté politique. Or celle-ci dépend dans une large mesure de la prise de conscience des citoyens. On comprend dautant mieux lenjeu capital que représente le défi de changer les mentalités, pour que chacun sengage à repenser son rapport à lenvironnement.
Myriam Goldminc journaliste
LES EXPERTS TIRENT LA SONNETTE DALARME
« La dégradation de nos écosystèmes est si avancée quelle remet en cause lavenir de lhumanité. » Cette déclaration est issue du rapport quun millier de scientifiques originaires de 95 pays ont établi sous légide de lOrganisation des Nations unies. Première constatation : pour répondre aux besoins des populations en nourriture, en eau, en bois, en fibres et en combustibles, lhomme a modifié, en à peine plus de cinquante ans, léquilibre des grands écosystèmes par une surexploitation des ressources. Or les éléments que recèlent les forêts, les savanes, les océans et leur fonction régulatrice sont indispensables à notre survie :ils purifient lair, fournissent leau douce, les stocks de pêche, les médicaments, stabilisent le climat et limitent lérosion des sols et limpact des catastrophes naturelles.
Second constat : le temps presse. Nous avons à peine une quarantaine dannées devant nous pour renverser la tendance. Les experts estiment que 60 % des écosystèmes sont fortement menacés, et la tendance devrait saccentuer avec limpact du réchauffement planétaire. « Si nous ne changeons pas notre façon de faire dans le sens dun développement durable en intégrant le prix à payer pour les services rendus par la nature, nous léguerons à nos descendants un monde invivable », affirment les scientifiques, qui ont établi une liste de priorités, comme sauvegarder les réserves deau douce, les stocks étant déjà inférieurs à nos besoins. Le rapport souligne la nécessité de supprimer les subventions agricoles qui favorisent les inégalités entre pays riches et pays pauvres. Comme le déclare le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan : « Cest seulement en comptant à leur juste valeur lensemble de nos précieuses ressources naturelles et humaines que nous pouvons espérer bâtir un futur durable. »
[1] Qui se traduit par un appauvrissement en oxygène des eaux profondes.
par marie
publié dans :
sauvezlaplanete
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Néanmoins, notons que la Union Européenne n'est pas exempte de reproche en la matière, puisque dans le cas du merlu du Sud, la taille minimale fixée pour cette espèce dans locéan Atlantique et sur la côte Cantabrique est de 27 cm, soit une dimension très inférieure à celle de l'âge de la reproduction (entre 34 et 37 cm)...